

Fine-Armagnac
Eau-de-vie d'Armagnac, Armagnac
Boissons et spiritueux
Qui ne connaît l'armagnac, ne connaît pas l’ancienne région Midi-Pyrénées, et plus précisément le Gers. Produit d'une vigne et d'un vin orientés spécifiquement vers la distillation, cette eau-de-vie (dont on ne saurait abuser…) doit obligatoirement passer une partie de son élaboration au contact du bois de chêne dont on fait le tonneau. Ensuite, elle est déclinée en diverses catégories, du plus jeune en âge au plus vieux.
Avec le distillat initial, on fabrique un autre produit, plus confidentiel, du nom de blanche d'armagnac. Là, il s'agit de la même origine mais il n'y a pas de passage en fût. Cette blanche servira à élaborer, notamment, des liqueurs et autres vins de fruits qui sont courants dans la région. Enfin, l'armagnac sera la base du floc de Gascogne, autre boisson de type ratafia très courant en France, mais qui bénéficie d’une AOC.
La Fine-Armagnac, un produit du Fezensaguet !
Fezensaguet

Le décret du 6 août 1936 définit les 3 régions de l'Appellation d'Origine Contrôlée “Armagnac” : bas Armagnac, Ténarèze et haut Armagnac, à cheval sur les départements des Landes, du Lot-et- Garonne et du Gers. Si aucune aire de production n'est mentionnée, l'eau de-vie produite s'appelle armagnac.
Le bas Armagnac produit des eaux-de-vie légères, délicates, alors que le haut Armagnac donne des eaux-de-vie rondes et charnues. La teneur en alcool minimum autorisée est de 40 %. Il n'est pas rare de rencontrer des armagnacs à 42, 45 ou 48%. Sa couleur est ambrée et s'intensifie avec le temps; les couleurs, les tannins, les sucres, les arômes se concentrent. Il résulte de la distillation des vins blancs des cépages suivants: folle blanche, colombar, ugni blanc, bacco et picpoul notamment.
L'armagnac est resté entre les mains d'une multitude de petits producteurs locaux. Les Caves coopératives datent de 1939. La première fut créée à Vic-Fezensac, d'autres se développèrent dans les années 1945-1950 à Fauze. La date à partir de laquelle est défini l'âge de l'armagnac est fixée au 30 avril. Il n'est pas rare de voir figurer une date précise ; c'est le millésime, livré sous le nom du domaine d'origine où il est mis en bouteilles pièce à pièce dans son état naturel.
A savoir : l'âge d'un armagnac ne prend en compte que le temps passé sous bois. Dès qu'il est mis en bouteilles, l'évolution est stoppée.
Un peu d’histoire…
Des documents du 15ème siècle attestent la présence d'alambics dans la région. C'est seulement à partir du 17ème siècle que la production d'eau-de-vie connut un réel essor, sous l'impulsion des Hollandais qui recherchaient des alcools susceptibles de renforcer les vins doux dont ils étaient friands. Ils trouvèrent des conditions favorables dans la région.
Un texte de 1741 analysé par Henri Dufor nous apprend que l'eau-de-vie tirée de “vin Bas-Armagnac” est la plus appréciée : “Cette mention constitue en quelque sorte, écrit Lachiver, l'acte de naissance de l'armagnac.” Ce même texte de 1741 signale que la ville d'Eauze est le centre principal des transactions, et que les producteurs de Cazaubon en tirent plus de la moitié de leurs revenus.
Mais, si, aux 17ème et 18ème siècles, l'essentiel des expéditions d'armagnac se faisait par l'Adour vers Bayonne et sous le contrôle des négociants de Mont-de-Marsan, le 19ème siècle voit se développer le commerce vers Bordeaux, qui nécessite la canalisation de la Baise. En ce début du 19ème siècle, on commençait à remplacer l'antique distillation à double chauffe - pratiquée dans l'alambic dit charentais - par une distillation en continu, qui permettait des économies de combustible et de manipulation. Le mérite en revint à Antoine de Mellet, marquis de Bonas, qui, sur les conseils de Chaptal, expérimenta l'appareil mis au point par Adam en 1801. Il reçut en 1812 une médaille d'or d'encouragement, et une dizaine d'années plus tard Petit remarquait que ce procédé était “généralement adopté aujourd'hui dans le pays”.
Ces innovations favorisèrent une explosion de la production d'armagnac, qui doubla dans les trois premiers quarts du 19ème siècle, plaçant le Gers en tête des départements viticoles. A la fin du même siècle, le vignoble régional subiy le désastre du phylloxéra, qui fit presque entièrement disparaître les plants de picpoul, par ailleurs plus sensibles que d'autres cépages aux maladies cryptogamiques. Il en découla une volonté de préserver la qualité de l’armagnac qui se manifestera par le décret de 1909 délimitant les différents crus d'armagnac.
Comment le déguster ?
En général, il se sert en digestif dans un verre que l'on réchauffe dans la paume de la main, dans la tasse de café encore chaude pour les jeunes armagnacs. Il est aussi utilisé dans de nombreux cocktails élaborés à la maison, également dans des cocktails de fruits. Il se marie avec de nombreux fruits et notamment avec le pruneau.
