Existe-t-il un marketing "bio" ?

Attention, ne nous méprenons pas sur le propos des lignes qui vont suivre. Nous n’allons pas prendre position sur l’agriculture biologique… mais sur des méthodes de commercialisation biologiques.

lopt2_marketingbioLors du salon "Oh my food" qui s’est tenu à la porte de Versailles en juin dernier, nous avons interpellé Mme Elisabeth MERCIER, directrice de l’agence Bio (Agence Française pour le développement et la promotion de l’Agriculture Biologique). Nous lui avons posé la question : Est-il possible, au même titre qu’un légume ou qu’une viande bio, de faire "certifier" (Ecocert, Demeter ou autre…) une méthode de commercialisation de ses produits ?


Notre interlocutrice a été quelque peu surprise de la question. Et il s’est engagé entre nous une discussion forte intéressante. Nous sommes tombés d’accord que vendre des produits bio, par le système de la grande distribution peut avoir un côté paradoxal. Si le produit est exempt de pesticide et exclut toute chimie organique, s’il n’est pas nocif, et si tout ceci peut être contrôlé, qui nous prouve que la marge réalisée par le distributeur ne va pas transiter par des centrales d’achat basées dans un pays à la fiscalité plus intéressante ? Rendant ainsi la transaction nocive pour l’équilibre financier de notre pays.


Les techniques promotionnelles utilisées pour conditionner le client, le tracer, traiter ses données quelquefois sans son consentement, en tous cas sans qu’il en soit vraiment conscient, sont-elles bio ? Ne peuvent-ils pas s’apparenter à des traitements chimiques contre-nature visant à faire du consommateur un client parfait, normalisé, calibré ?


Pour le producteur du terroir, le marketing n’est pas à rejeter.

Au contraire. C’est la connaissance de ces techniques qui le rendra moins vulnérable. Car à l’instar d’une culture bio, raisonnable et sans OGM, il est possible de vendre, de communiquer et de réaliser les profits nécessaires à la bonne santé de son exploitation sans arrière pensée intégriste visant à stigmatiser toute opération publicitaire.


Il suffit de le faire de manière raisonnable, en respectant et le client et le produit et en entretenant avec lui une relation humaine, claire et franche. Lors de la dernière Assemblée Générale des entreprises de vente à distance un grand patron de l’e-commerce est intervenu à propos de la protection des données et ses contours juridiques. Nous avons noté son intervention et vous la livrons à votre méditation : Et pourquoi ne pourrions-nous pas stocker les noms, prénoms et adresses des visiteurs de nos sites web ? L’épicier stockait bien dans la mémoire de son cerveau le nom de tous ses clients pour les saluer personnellement lorsqu’ils passaient la porte de son échoppe ? …


P.A

 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir