Une "planche de salut" pour des scieries vosgiennes

Dans les Vosges, second département forestier de France, une tendance, soutenue par les acteurs publics, voit le jour. La vente de bois en direct aux particuliers pourra-t-elle sauver des petites scieries ?

Traditionnellement, l'implantation de très petites unités de sciage dans toutes les vallées induisait de la vente directe. Depuis trois décennies le paysage a un peu changé : développement de grandes surfaces de bricolage, disparition des micro-exploitations, spécialisation et rationalisation dans la production de sections standardisées, vente directe à des négociants, autant de facteurs qui précarisent les scieries de petites et moyennes tailles.


Paradoxalement, l'engouement des français pour le bricolage et le jardinage ne profite pas toujours à l'industrie locale. A Ramonchamp, village de la haute vallée de la Moselle, Francis Duhoux a développé la vente aux particuliers.


Après deux années, elle représente aujourd'hui 20% de son activité. "Il a fallu investir dans la présentation de produits finis tels que des planchers de terrasses et du bardage". " Vendre du bois de charpente ne suffit pas, il faut pouvoir offrir des produits équivalents à ceux de la grande distribution, notre marge bénéficiaire en dépend."


lopt2_boisFrancis Duhoux insiste aussi sur le service : "l'exercice n'a pas été simple pour nous : d'abord se tourner vers le public, recevoir avec le sourire, prendre le temps d'expliquer l'utilisation des essences, comment travailler le bois… Nous avons dû nous former, faire un peu de marketing, heureusement un jeune technicien, diplômé du lycée professionnel du bois de Mirecourt, nous a mis le pied à l'étrier."

 

Outre l'accueil, il faut se pencher sur les outils commerciaux, les annonces Pages Jaunes, des panneaux à l'entrée et à la sortie du village, régulièrement des encarts dans la presse locale, un petit flyer distribué dans les boîtes aux lettres des zones résidentielles, aujourd'hui Francis Duhoux étudie l'opportunité d'un site web. "Finalement le plus fort investissement n'a pas été financier mais dans nos mentalités, je ne le regrette pas. Quelquefois je me sens un peu éducateur quand les clients passent le samedi avec leur gamin. Je me dis que c'est un de plus acquis à la cause !"

R.C.

 

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