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Comment une quincaillerie familiale de village est devenue un leader de son secteur.
L’entreprise Tom Press commercialise plus de 2000 articles pour les amateurs et professionnels de transformation alimentaire et de cuisine . Tom Press fête cette année ses 90 ans, elle est issue de la quincaillerie familiale Louberssac.Elle distribue aujourd’hui par catalogue et sur Internet, en France mais aussi dans les DOM TOM et tous les pays francophones.
LOPT - Bonjour François Louberssac. Tom Press, c’est d’abord une histoire de famille, racontez-nous rapidement votre histoire. F. Louberssac - En 1921, mes grandparents se sont installés à Labruguière, entre Mazamet et Castres, au pied de la Montagne Noire. Ils ont repris une quincaillerie de village et en 1946, c’est mon père Louis, qui en a pris les rênes jusqu’en 1989 date à laquelle je lui ai succédé. En 1991, force était de constater que la situation n’était plus viable à courte échéance. Les usines de délainage, de filature et de meubles, activités qui avaient fait vivre la région depuis le début du XXème siècle étaient en difficulté ou en cessation d’activité. Je me suis alors interrogé sur les perspectives d’avenir de mon métier….
LOPT - Comment passe-t-on d’une quincaillerie de village créée en 1921 à une quincaillerie qui possède aujourd’hui une base de 85 000 clients ?
F. L. - Après avoir observé ma Maman, cultivatrice, qui passait de longues heures à transformer ses récoltes de tomates en coulis, j’ai importé d’Italie et vendu par correspondance une épépineuse que nous dénommions alors "presse-tomates", d’où Tom Press tire son nom. A ce "presse-tomates", je rajoutais vite un, puis deux, puis trois articles supplémentaires. Année après année, la quincaillerie se transforma, le point de vente fut définitivement fermé, un catalogue et un site Internet furent créés. Nous voici 20 ans et 3 déménagements après avec un bâtiment de 4500 m² abritant un stock de plus de 2000 références, un hall d'exposition, un service de préparation : 45 000 expéditions annuelles et 30 collaborateurs dont les métiers sont aussi diversifiés que la conception des catalogues, le service après-vente client ou la recherche de fournisseurs.
LOPT - Quelles sont les clefs de ce succès ? F. L. - Nous avons toujours essayé de garder les valeurs d’un commerce de proximité : le service et la qualité. Quand vous êtes commerçant ou artisan dans un village, il n’est pas concevable de mal servir un client. La communauté est réduite, la réputation est vite entachée. Bon nombre de professionnels en ont, à tort ou à raison, expérimenté les conséquences désastreuses sur leur activité. Proposer le bon produit à la bonne personne. Être à l’écoute de son besoin et y répondre au plus juste. Ce sont les bases même du commerce et de l’artisanat. Le marketing et la communication p e u v e n t engendrer des succès mais si la qualité et le service ne sont pas au rendezvous, ces succès ne seront que temporaires et non pérennes.
LOPT - Existe-t-il encore, aujourd’hui, en France de nombreux petits producteurs ou particuliers qui transforment eux-mêmes des produits locaux ? F. L. - On a cru un temps que la cuisine "maison" avec le traditionnel déjeuner familial et dominical était morte. Il faut croire que c’est faux. Il n’y a jamais eu autant d’émissions de radio, de télé ou de magazines sur la cuisine. Il en va de même pour la transformation alimentaire. Lorsque les "anciens" ne sont plus là, on s’aperçoit qu’ils ont emporté avec eux leur savoir-faire culinaire. C’est bien sûr également un effet de mode mais qui a toutes les chances de perdurer parce que dans un monde qui va de plus en plus vite, en recherche de sens, de valeurs , de racines, la transformation alimentaire et la cuisine ont pour atout de procurer une occupation manuelle, valorisante, nécessaire, affective, saine et … qui nourrit "son homme" ! Il ne faut pas occulter non plus que dans certains cas transformation et cuisine répondent à des besoins d’économies, d'assurance sur l’origine des produits et d’autonomie. Transformer soi-même passionne en effet de plus en plus de personnes. Il n’était pas toujours facile de maîtriser toutes les étapes qui mènent du produit brut à l'assiette. Le matériel indispensable était souvent introuvable, mal adapté à l’usage des particuliers ou petits producteurs. Où trouver un fumoir, de quoi stériliser, le nécessaire pour préparer des coulis et des gelées ? C’est de ce besoin qu’est né Tom Press.
LOPT - En quelques mots, un conseil concret pour aider les producteurs ? F. L. - Il est plus qu'intéressant lorsqu’on est producteur de faire de la vente à distance. C'est un métier très intéressant mais qui demande beaucoup de temps et un fort investissement personnel. Si vous ne vous en sentez pas capable ou si vous ne pouvez pas y consacrer le temps nécessaire, n'hésitez pas à faire appel à un expert (professionnel averti ou prestataire).
R.M |
Commentaires
Je ne suis pas convaincu que les producteurs soient prêts à s'investir dans cette démarche. J'ai créé un site de vente de produits du terroir ( http://www.alterboutique.com ) avec la volonté de rapprocher le consommateur du producteur et agir pour une valorisation de la consommation de proximité en supprimant tous les intermédiaires. Ce site est actuellement proposé gratuitement aux producteurs. Ils veulent y adhérer car ils se disent qu'il faut être sur Internet mais ils sont incapables de prendre du temps pour gérer ce nouvel espace et le faire connaître. Et surtout, ils n'envisagent pas d'investir un peu d'argent pour en confier la gestion à un tiers. Quand on leur donne des conseils pour augmenter leur visibilité sur la toile, améliorer la présentation de leur boutique virtuelle, ils n'en font rien. Et quand on leur propose de le faire à leur place moyennant une rémunération, c'est un refus catégorique.
Y a encore des mentalités à changer !...
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