Le terroir caisse

Les nombreuses réactions à notre première lettre nous ont permis de prendre la mesure de vos attentes. Vous trouverez donc aujourd’hui un nouveau jet d’idées concrètes et qui ont fait leurs preuves , pour vous permettre de développer vos ventes sans vous laisser confisquer le fruit de vos efforts quotidiens. Le terroir a le vent en poupe, paraît-il ? ...


Et ce vent porteur entraîne dans son sillage aussi bien le frêle esquif du maraîcher qui écoule l’essentiel de sa production à la ferme ou au marché, que le porte avion battant pavillon grande distribution. Tout ce monde navigue vers un consommateur en quête d’humain, qui se veut responsable et acteur de son temps mais qui n’a jamais été aussi pressé (tout, tout de suite), chasseur de primes et infidèle (Etude edinstitut page 7).

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Selon la taille de son entreprise, le producteur négociera avec le patron de la supérette du coin ou l’acheteur de la centrale d’achat de l'un des maelströms de la grande distribution. Ou ne négociera pas, s’il est trop petit pour rentrer dans ce jeu ou, au contraire, assez fort pour ne pas s’y soumettre. Comme Besnier, qui a refusé de vendre à Leclerc aux conditions que ce dernier lui imposait. Nous observons la frustration de ces éleveurs, agriculteurs, transformateurs de produits authentiques issus d’un patrimoine d’une richesse inouïe que le monde nous envie.


Impuissants face à une machine économique implacable, pur produit, elle aussi, made in France, née quelque part en Bretagne dans les années c i n q u a n t e . Un système qui confisque aux producteurs toute la légitimité du report affectif déclenché par ces produits. Pour séduire les "locavores", les hypermarchés revêtent aujourd’hui la chemise à carreau et le béret. L’exemple de la Ferme du Sart, à Villeneuve d'Ascq, mérite un article (page 4) dans cette deuxième édition de la lettre de L’Observatoire des produits du Terroir.


Crise "du concombre", sécheresse, les agriculteurs n’ont pas été à la fête ces derniers temps. Les transformateurs eux aussi peuvent s’attendre à des contrôles plus fréquents, tout au moins à un stress inhabituel dû à l’hypermédiatisation des bactéries tueuses. Si le tiroir caisse du terroir doit s’ouvrir, si jackpot il doit y avoir, c’est à ses vrais acteurs qu'en reviennent les bénéfices en priorité. Ils le méritent.

 

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